‘’Reste avec nous, car il se fait tard’’

Deux disciples quittaient la communauté le visage triste, le cœur fermé. Ils marchaient, parlaient se lamentaient et n’arrivaient pas à croire : ce Jésus qu’ils avaient suivis, aimés, était mort dans une situation pitoyable, des femmes disaient qu’il était vivant, qu’elles l’avaient vu… mais eux n’y croyaient pas !
Croire à une parole, se les rappeler, les murmurer en soi : Je serai toujours avec vous, ne craignez pas. Ce n’est pas simple d’accepter, d’adhérer à une présence invisible. Nous avons besoin de voir, de toucher, d’entendre pour mieux comprendre, aimer.
Ce temps de confinement a été pour la majorité d’entre-nous ce saut dans le mystère : Ne me touche pas, ne me retiens pas… la communion spirituelle, à laquelle nous étions invités, je la disais, je la recevais mais il me manquait une certaine communion !
Pour moi, face au tabernacle ce fut comme pour Marie-Madeleine, l’expérience du tombeau vide. La tristesse m’envahit, la prière, la solitude menèrent un bref combat. La messe sur YouTube, les homélies, les encouragements et plus particulièrement une rencontre me posant la question : que se passe-t-il ? pourquoi cette tristesse ? tous ces moments m’ont fait entendre : pourquoi avez-vous peur ? Ne craignez pas, je suis au milieu de vous.
Face à l’Eucharistie je retrouvais peu à peu la paix, mais il me manquait encore la présence des frères. Je compris que l’écran ne suffit pas, nous chantions ensemble mais chacun chez soi. Il fallait faire le saut de la foi pour recevoir vraiment Jésus, le Pain de Vie. Grâce au sacrement de la réconciliation les doutes sont partis, la joie de vivre est revenue. Les messes ont repris et je retrouvais la communauté avec bonheur. Cette première messe fut pour moi, comme une première communion, une douce joie intérieure, un bonheur.
Vivre l’Eucharistie demande vraiment la force intérieure, il faut se jeter dans le Mystère de l’Amour et de le vivre avec la communauté car elle fait partie de ce grand sacrement de l’Eucharistie : Ceci est mon Corps, mon Sang. Oui, Jésus est vraiment ‘’Le Pain de Vie’’, notre communion avec lui et avec nos frères.
Sœur Françoise Thétiot, fndsc