QUE NOUS EST-IL ARRIVE DIMANCHE DERNIER ?

 

Dimanche 4 avril, levés de bon matin comme les femmes venues au tombeau de Jésus, nous avons été surpris par ce que nous avons vécu : une marche en pleine nuit, l’arrivée dans l’église saint Joseph, la joie de retrouver nos frères et nos sœurs au petit matin, la venue progressive du jour à mesure que la célébration se déroulait, les baptêmes de Perrine, Solange, Alexis, Grégoire et Adrien, … Bref, une Pâques “si particulière”, inoubliable. Comme beaucoup m’ont fait part de leurs sentiments sur cette aube pascale, j’ai demandé à l’un d’entre eux, Pierre Jourdan, de nous partager son témoignage et je l’en remercie.

Ombre et lumière

Ce matin, lever à 5h30 ; pas vraiment par goût, un peu par devoir : m’associer à ma communauté, à ses prêtres, dans cette décision baroque d’une vigile de l’aube au plein soleil. Combien serons-nous à honorer ainsi le couvre-feu ? 40 peut-être. Je me sens chagrin.

Il fait 2°c dehors, pas âme qui vive, pas de voiture. Je m’arrête un instant pour respirer l’air frais et vivifiant. Ciel dégagé, la lune, au dernier quartier dans le sagittaire, me sourit entre deux immeubles. Je me détends. Je réalise que, moi aussi, je cours vers le tombeau ; comme Marie-Madeleine, puis Pierre et Jean. Ma marche reprend, plus rapide, plus intentionnée.

L’église est pleine et obscure, mais de la foule émerge une chaleur souriante et communicative. Comme c’est bon d’être là ! Et comme est puissant ce rituel qui assure la continuité entre la vie des prophètes et celle de Jésus. Et quel diamant d’émotion que ce baptême au cœur de la nuit.

A mesure que se déploie la célébration, le levant s’harmonise avec le vide lumineux du Tombeau, celui de l’Espérance pour tous les humains. Nous sortons sous un soleil radieux, achevant notre parcours de l’ombre à la lumière.

Et demain, que ferons-nous ? Reviendrons-nous à la vigile nocturne, passant de l’ombre à la nuit ? Faut-il innover, en tirant les leçons de la Pâque de ce jour ?